Afrique du Sud

Afrique du Sud : il faut trouver de nouveaux moyens de favoriser la croissance et la création d’emplois

 

24/07/2017 - L’économie de l’Afrique du Sud a enregistré des progrès considérables au cours des deux dernières décennies, ce qui a eu pour effet de relever les niveaux de vie et permis à des millions de personnes de sortir de la pauvreté dans tout le pays. Toutefois, d’autres réformes s’imposent maintenant pour stimuler la croissance économique et garantir que tous les Sud-Africains pourront en bénéficier : c’est ce qui ressort d’un nouveau rapport publié par l’OCDE.

 

Selon la dernière Étude économique de l’Afrique du Sud réalisée par l’OCDE, des réformes structurelles de grande ampleur seront en effet nécessaires pour placer l’économie sur une trajectoire de croissance renouvelée, stimuler les créations d’emplois et améliorer l’inclusivité.

 

Dans cette Étude, présentée à Pretoria par le Secrétaire général de l’OCDE M. Angel Gurría et le ministre sud-africain des Finances M. Malusi Gigaba, des domaines d’action prioritaires pour l’avenir sont identifiés : il s’agit notamment de poursuivre les efforts visant à maintenir la stabilité macroéconomique, à améliorer l’environnement des affaires et à approfondir l’intégration régionale, autant d’éléments essentiels pour assurer une croissance inclusive et des créations d’emplois.

 

« L’Afrique du Sud a beaucoup accompli au cours des vingt dernières années, mais l’avènement d’une croissance plus forte et inclusive nécessitera des mesures énergiques de la part des pouvoirs publics » a déclaré M. Gurría. « Pour garantir un avenir meilleur à tous les Sud-Africains, il faudra développer l’accès à l’enseignement supérieur, garantir un marché du travail solide et équitable, intensifier la participation aux marchés régionaux et mettre en place un cadre réglementaire propre à favoriser l’entrepreneuriat, au sein duquel les petites entreprises pourront prospérer. Nombre des réformes nécessaires seront délicates, mais le jeu en vaut la chandelle. »

 

Compte tenu de la marge limitée dont disposent les autorités pour que la politique monétaire ou budgétaire puisse stimuler la croissance, l’Étude contient des propositions relatives à un éventail de réformes structurelles. L’Afrique du Sud y est encouragée à ouvrir un certain nombre de secteurs clés à une plus forte concurrence, qu’il s’agisse des télécommunications, de l’énergie, des transports ou encore des services. D’après l’Étude, progresser dans l’introduction, déjà prévue, d’un salaire minium au niveau national permettra de réduire la pauvreté au travail et les inégalités. Développer plus largement les programmes d’apprentissage et de stage permettra également de mieux intégrer les jeunes dans le marché du travail ; parallèlement, rationaliser les mécanismes de résolution des litiges contribuerait à accroitre la flexibilité et à abaisser les obstacles à la création d’emplois.

 

Les pénuries de main-d’œuvre et l’inadéquation des compétences restent d’importants freins à la croissance et à l’inclusivité, et l’accès à l’enseignement supérieur reste limité. Selon l’Étude, il serait possible de mettre en place un dispositif universel de prêts étudiants remboursables en fonction des revenus futurs, avec la participation des banques et des garanties de l’État. Dans un rapport publié récemment, Getting Skills Right: South Africa, l’OCDE analyse de manière plus détaillée les disparités entre les qualifications offertes et attendues et évoque des stratégies potentielles permettant de s’attaquer à ce problème.

 

Stimuler l’entrepreneuriat, peu développé en Afrique du Sud par rapport à ce qui est observé dans d’autres économies émergentes, et favoriser la croissance des petites entreprises, peuvent aussi jouer un rôle crucial dans la reprise économique et la création d’emplois, selon l’Étude. Le gouvernement a pris des mesures pour assouplir les obligations à remplir pour créer une entreprise, mais des lourdeurs administratives subsistent. La qualité du système scolaire et le manque d’expérience expliquent certaines lacunes dans les compétences entrepreneuriales. Il est possible d’élargir la gamme des sources de financement et de faire en sorte que les politiques publiques puissent apporter aux entrepreneurs et aux petites entreprises un soutien non financier aussi bien que financier, peut-on lire dans l’Étude.

 

L’OCDE souligne que si l’intégration régionale ouvre des perspectives considérables à l’Afrique du Sud comme aux pays voisins, l’intégration économique dans la sous-région n’a pas beaucoup progressé. De fait, le commerce intra-régional au sein de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) ne représente que 10 % du total des échanges, contre quelque 25 % dans la région ASEAN ou 40 % dans l’Union européenne. Une meilleure mise en œuvre des protocoles et accords existant dans le cadre de la SADC permettrait d’accroître l’intégration, de promouvoir les échanges et de créer des emplois.

 

Abaisser les obstacles non douaniers, en améliorant les procédures douanières et en simplifiant les règles d’origine permettrait de réduire les coûts des échanges dans la région. Des politiques plus ambitieuses et plus efficaces en matière d’infrastructures et d’investissement s’imposent également pour améliorer l’interconnectivité des systèmes dans toute la région.

 

Au cours de sa visite à Pretoria, le Secrétaire général de l’OCDE doit rencontrer de hauts responsables de l’administration sud-africaine, des chefs d’entreprises et des responsables syndicaux, ainsi que des représentants de la société civile.

 

Une Synthèse de l’Étude économique reprenant les principales conclusions peut être consultée (en anglais) ici :

http://www.oecd.org/economy/surveys/economic-survey-south-africa.htm.

 

La publication récente de l’OCDE intitulée Getting Skills Right: South Africa, peut être consultée ici :

http://www.oecd.org/els/getting-skills-right-south-africa-9789264278745-en.htm.

 

Pour toute information, les journalistes peuvent contacter le Responsable des relations médias M. Lawrence Speer (Lawrence.Speer@oecd.org ; +33 (0)6 01 49 68 91) ou la Division des médias de l’OCDE (news.contact@oecd.org; +33 (0)1 45 24 97 00).

 

Note à l’intention des responsables de publication :

L’OCDE est une organisation internationale qui a son siège à Paris et dont la mission consiste à promouvoir des politiques visant à améliorer le bien-être économique et social des populations du monde entier. Elle offre aux pouvoirs publics une enceinte où ils peuvent conjuguer leurs efforts en vue de partager leurs expériences et de rechercher des solutions aux problèmes économiques, sociaux et de gouvernance auxquels ils sont confrontés.

Les 35 pays actuellement membres de l’OCDE sont : l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, le Chili, la Corée, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, les États-Unis, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Islande, Israël, l’Italie, le Japon, la Lettonie, le Luxembourg, le Mexique, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République slovaque, la République tchèque, le Royaume-Uni, la Slovénie, la Suède, la Suisse et la Turquie.

Trois pays – la Colombie, le Costa Rica et la Lituanie – ont été officiellement invités à devenir membres de l'Organisation et leur processus d’adhésion est en cours.

L’Afrique du Sud est l’un des cinq Partenaires clés de l’OCDE, avec le Brésil, la Chine, l’Inde et l’Indonésie. Ils contribuent aux travaux de l'OCDE de façon régulière et approfondie. Un élément central du programme relatif aux Partenaires clés consiste à favoriser la participation directe et active de ces pays aux travaux des organes de substance de l'Organisation. Cela passe notamment par l'établissement de partenariats entre ces pays et les organes de l'OCDE, leur adhésion aux instruments de l'Organisation, et leur intégration dans ses systèmes de notification et d'information statistiques.

De plus amples informations sur les travaux de l'OCDE consacrés à l’Afrique du Sud sont disponibles ici: http://www.oecd.org/southafrica/south-africa-and-oecd.htm.

 

 

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